Liste des bélugas adoptés et de leurs parrainsCampagne Adoptons un béluga de l’INESL DÉJÀ 118 BÉLUGAS ONT TROUVÉ DES PARENTS ADOPTIFS
18 février 1999Des nouvelles des bélugaspar Robert Michaud, INESL Les copains du SaguenayLe voile se lève peu à peu sur le groupe que nous avons surnommé la Bande du Saguenay. Cette bande composée d’adultes fréquente principalement le Saguenay et son embouchure au cours de la saison estivale. Au départ, elle nous semblait former une unité. Nous savons maintenant que cette bande se divise en plusieurs groupes. Alpha, Napou, Galubé, Bébé-Luga, Le Survivant, Twik, Virgule, Sedna, Laurent, Atlantis, Mo, Albert et B-Sea forment un des groupes les plus stables. Walter, Double Vent, Pablo, Jasper, Yorkie et Quin forment un autre groupe, alors que Tesna, Vita, Cumulus, Pénélope, Dance-sea, Frimas et Camério, qui fréquentent aussi le secteur, ne semblent pas avoir de compagnons réguliers. Depuis le début de notre étude nous croyions que la Bande du Saguenay était une bande de mâles. Le sexe de 10 d’entre eux a pu être vérifié par nos analyses génétiques et il s’agit bel et bien de mâles. La nature et la fonction des liens qui les unissent demeurent un des mystères que nous tenterons d’élucider. Les grands d'en basLa suite de nos observations nous indique toujours que le secteur d'en bas, soit l'aval de l'estuaire compris entre Grandes-Bergeronnes et Sault-au-Mouton, est réservé aux bélugas adultes. L'hypothèse voulant que ces bélugas soient tous des mâles semble se confirmer. Adhothuys et Oméga, deux habitués de ce secteur, sont bien des mâles. Tout comme Aile Joyeuse, ils n'ont pas changé leurs habitudes. Nous les retrouvons régulièrement dans des troupeaux pouvant atteindre plus d'une centaine d'individus et composés d'adultes et de quelques adolescents. D’autres comme Équerre et Hélis, présumément des mâles adultes, nous révèlent leurs histoires au compte-gouttes et il nous est donc difficile de parler de leurs habitudes de fréquentation. Quels rôles jouent ces adultes au sein de la population? Sont-ils des éducateurs pour les jeunes mâles? Comment les bélugas déterminent-ils quels individus seront pères? Encore bien des questions pour lesquelles nous espérons un jour avoir des réponses. Des nouvelles du haut du fleuveLe secteur de Kamouraska sur la rive Sud à l'île aux Coudres près de la rive Nord, ainsi que le chenal Nord entre Cap-à-l'Aigle et l'ouest de l'île aux Lièvres sont fréquentés par de petits troupeaux composés d'adultes et d'une forte proportion de très jeunes bélugas. Il pourrait s’agir de la pouponnière du Saint-Laurent. Ces eaux plus chaudes, peu profondes et protégées seraient propices à la mise bas et à l'éducation des jeunes. Blanchon, Corsaire, Daisy, Patte d'Oie et Sirius ont toutes été vues dans ces secteurs, quelques-unes accompagnées de veaux. En fait, nous n’avons pas encore la confirmation de leur sexe, mais leurs associations régulières avec des jeunes laissent croire qu’il s’agit de femelles. Jusqu’à présent nous n’avons pas identifié d’association stable entre des femelles adultes. Ceci contraste avec nos découvertes chez les mâles adultes. Il y a autour de ces observations des avenues de recherche passionnantes! Et vers le centre!Au large de l’embouchure du Saguenay, de l’île Blanche à l’île Verte en passant par l’île Rouge, se trouve un des secteurs les plus fréquentés par les bélugas. Ces eaux souvent tumultueuses où se rencontrent le Saguenay et le Saint-Laurent sont les aires préférées de six de nos bélugas bien connus, Slash, Canadine, Ondine, Flippo, Sea-P et Yogi, qu’on croit être toutes des femelles. Dans le cas de Slash et de Yogi, les biopsies ont d’ailleurs confirmé cette hypothèse. Comme pour les femelles d’en haut, on ne connaît pas de compagnes stables à ces bélugas. Par contre, elles semblent toutes avoir des habitudes de fréquentation très stables. Par exemple, Slash, qu’on connaît depuis 1980, n’a jamais été photographiée à plus de 10 kilomètres de l’embouchure du Saguenay. Le secteur Centre est aussi patrouillé régulièrement par des groupes d’adultes. Nip, Tadeus et Trèfle y ont été vus régulièrement, mais nos rencontres avec ces bélugas ne nous pas encore révélé leurs affiliations sociales. Coco et Marenis sont également observés régulièrement dans ce secteur; un peu comme des bélugas juvéniles, ces derniers semblent être de grands voyageurs. Ils ont été observés autant en amont qu’en aval de l’embouchure du Saguenay. Les AdosPlusieurs bélugas que nous avons «connus» alors qu’ils étaient de jeunes immatures sont maintenant des jeunes adultes. Entres autres, Pascolio, Chérubin, Capone et Céline sont maintenant presque complètement blancs. Leur goût des voyages à travers tout l'estuaire s'est apaisé et ils semblent maintenant privilégier certains secteurs au cours de la saison estivale. Par exemple, Pascolio est maintenant observé autour de l'île Blanche, de l'île aux Lièvres et du Chafaud-aux-Basques; Chérubin, quant à lui, préfère l'embouchure du Saguenay, alors que Capone affectionne l'île Rouge. Nous savons maintenant que Chérubin et Capone sont des mâles alors que Céline est une femelle. Il sera intéressant de suivre l’évolution de leurs habitudes de fréquentation pour comprendre comment s’établissent les différences marquées qu’on observe entre les mâles et les femelles adultes. Des surprisesLors de notre dernier bulletin détaillé (1993), nous étions sans nouvelles de Coquine-Blanche, de Napou, de Muska et de Zéblanc depuis leur adoption. Coquine-Blanche (1989) a finalement été revu en 1994 et au moins une fois par année par la suite. Même chose pour Zéblanc (1988), revu en 1994 et 1995 après sept saisons de silence. Lors d'une analyse minutieuse de la banque de photographies, nous avons aussi retrouvé la trace de Napou (1989) et de Muska (1989) : le premier en 1991, 1992 et 1993, puis trois fois en 1995; et le second en 1987, et tous les étés entre 1989 et 1993. Problèmes d’identitéÀ mesure que le nombre de photos de notre banque augmente, nous réalisons que nous avions fait quelques erreurs d'identification. Parfois, c'est dû au fait que les cicatrices qui permettent de reconnaître un individu changent avec le temps. Dans d'autres cas, nous n’avions pas fait le lien entre les deux flancs d’un même individu, et croyions avoir affaire à deux bélugas. Le cas de Bébé-luga (1989) est particulièrement intéressant. Après neuf saisons sans nouvelles, il a été photographié le 13 juillet 1995, puis le 17 juillet 1996. Ces nouvelles photographies nous ont permis de retrouver sa trace dans nos fichiers et de découvrir que Bébé-Luga avait reçu malgré lui deux noms de code : D.L.72, et D.L.385. Une contre-vérification a révélé que Bébé-Luga n'avait pas été vu seulement le 3 septembre 1986, mais également une fois par année entre 1989 et 1992, deux fois en 1994, six fois en 1995 et quatre fois en 1996. Comme quoi il ne faut pas se décourager et qu'il est toujours possible de retrouver la trace d'un béluga. Des découvertes semblables nous ont permis de vérifier que Louveteau était le même individu que Corsaire (pas étonnant, peut-être, pour un pirate que de tenter de se cacher sous une double identité). À la suite de cette découverte, le parrain de Louveteau s'est vu attribuer un nouveau béluga (lequel, bien sûr, a aussitôt récupéré son joli nom!). Sans nouvellesPlusieurs bélugas adoptés manquent à l'appel. Ils sont une quinzaine à n'avoir pas été revus depuis leur adoption : Ashoona, Aster, Bach, Baladin, Bonnie, Caresse, Douceur, Globule, Limoilou, Lou-Lou, Mercure, Nakamu, Octave, Papibel, Pilote BSL et Trident. Deux individus n'ont pas été revus depuis 1989 : Impac et Oreillette. Et enfin, une dizaine d'autres adoptés n'ont pas été revus depuis le dernier bulletin de nouvelles : Aqua-bulle (1991), Béluvie (1993), Blanche-Neige (1991), Delphine (1992), Guimauve (1991), Kamouraska (1992), Kilt (1993), Mistamec (1990), Nyatamah (1990) et Vagabonde (1992). Certains d'entre eux sont peut-être simplement discrets ou encore ils ont quitté les secteurs que nous patrouillons régulièrement. Plusieurs sont par contre probablement décédés, puisque les bélugas ne vivent que trente ans environ. Nous trouvons chaque année de 12 à 22 individus morts échoués, mais il arrive rarement que nous puissions les identifier parce que leurs flancs sont souvent labourés par les arêtes des rochers du rivage. Plusieurs carcasses ne sont pas fraîches quand nous les trouvons, et il y a sûrement d'autres bélugas qui meurent et dont nous ne retrouvons jamais la trace. DécédésEn décembre 1994, nous recevons un appel d'un homme de Sault-au-Mouton sur la Côte-Nord. Il marchait sur la plage avec son chien lorsque celui-ci s’est mis à japper devant une carcasse de baleine complètement figée dans la glace. Deux membres de notre équipe et un chien se sont rendus sur les lieux. Après plusieurs heures d’effort, ils ont enfin réussi à dégager la carcasse. C'était un béluga et nous avons pu l'identifier. Il s’agissait d'Antarès, une femelle bien connue de notre équipe, et qui avait été adoptée en novembre 1988 par Frédéric Back et ses collègues de Radio-Canada. L’autopsie a révélé qu'Antarès était âgée de 26 ans, et qu'elle venait de succomber d'un cancer de l’intestin. Antarès est le deuxième béluga adopté dont nous avons la confirmation du décès; le premier était Booly, un hermaphrodite décédé en 1989. Alpha est, ou était, le béluga le mieux connu du Saint-Laurent. Sa première identification remonte à 1980, alors qu'il était déjà blanc, donc âgé d'au moins sept ans. Au cours de l’été 1995, Alpha a été vu à 11 reprises, comme à l’habitude avec la Bande du Saguenay. Mais depuis 1996, nous sommes sans nouvelles de lui. Une carcasse a été trouvée au printemps 1996 qui semblait correspondre à sa description. Malheureusement, nous n'avions pas de photo du côté droit de la carcasse qui nous aurait permis de confirmer le décès d'Alpha. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||